9. mars, 2017

Le temps d'un instant...


La poésie se picore, comme une gourmandise. Elle ralentit la vie, oblige à s’offrir un peu de temps pour la rêverie, la contemplation (Marianne Ciaudo)

Pluie de printemps
A la surface de l’eau
Des sillons de soie.
Yotsuya Ryu

Allons dehors
Là, la douce lune printanière
Sa lumière nous couvre.
Matsuyama Teitoku

Que n’ai-je un pinceau
Qui puisse peindre les fleurs du prunier
Avec leur parfum !
(Shôha)

Petite brise
Soudain
Le jardin danse
Louis Calaferte ( 1928-1994 )

Le chêne
Sa mine indifférente
Devant les cerisiers fleuris
Matsuo Bashõ ( 1644-1695 )

Sur un sentier de montagne
où quelque chose pourrait vous charmer
une violette sauvage
Matsuo Bashõ ( 1644-1695 )

Feuillages d’arbres colorés
Offerts au ciel bleu
Comme des bouquets de fleurs

Les ailes des papillons
ont pris des teintes
de feuilles brunes

Dans la pièce sans soleil
l’orange vif de la citrouille
surprend

(Emmanuelle Delafraye)

Arbre, livre ouvert
offre ses phrases et ses mots
à qui veut rêver

Comme une abeille
je butine de fleurs en fleurs
les secrets de la vie

Sur l’aile du vent
légère et lointaine
l’hirondelle

Oubli bienfaisant
respirer profondément
sentir la vraie vie

La lampe éteinte
les étoiles fraîches
se glissent par la fenêtre

(Natsume Sôseki)

Seul
je polis mes poèmes
dans le jour qui s'attarde

(Takahama Kyoshi)

Jour de brume
les nymphes du ciel
auraient-elles le vague à l'âme ?

(Kobayashi Issa)


Douceur du printemps
aux confins des choses
la couleur du ciel

(Iida Dakotsu)

Pluie de printemps
l'étang et la rivière
se rejoignent

(Yosa Buson)

A la surface de l'eau
des sillons de soie
pluie de printemps

(Ryôkan)